À moi-même
Une Larme, une Consolation
...Une musique méditative que Richter donne dans un cadre d'un concert receuilli : c'est l'élèvation douloureuse...
(M.Papp)
Alphonse L A M A R T I N E
Une Larme, une Consolation
...Une musique méditative que Richter donne dans un cadre d'un concert receuilli : c'est l'élèvation douloureuse...
(M.Papp)
Alphonse L A M A R T I N E
et Ferenc L I S Z T
(Fêtes musicales en Touraine 1982. Revue du deux mondes)
<< Seul, Richter joua trois extraits, souverainement ignorés de la quasi-totalité des pianistes, des Harmonies poétiques et religieuses de Liszt — Pensée des morts, Andante lagrimoso et Ave Maria — , qui annoncent déjà, par leur dépouillement, leur spiritualité, la dernière manière du compositeur, ainsi que Prélude, Choral et Fugue de César Franck. En écoutant ces interprétations, on était au moins aussi frappé par leur intériorité, par ce toucher qui, presque immatériel par moments, peut également transformer le piano en un véritable orchestre, que par l'extraordinaire modestie de Richter, par son humilité devant la musique. Jamais il ne se met en avant : son seul souci est de servir son art. C'est ce qui fait sa grandeur...>>
Neuvième Harmonies
recueil poétique
Alphonse Lamartine, Une Larme, ou Consolation
Tombez, larmes silencieuses, Sur une terre sans pitié ; Non plus entre des mains pieuses, Ni sur le sein de l'amitié !
Tombez comme une aride pluie Qui rejaillit sur le rocher, Que nul rayon du ciel n'essuie, Que nul souffle ne vient sécher.
Qu'importe à ces hommes mes frères Le coeur brisé d'un malheureux ? Trop au-dessus de mes misères, Mon infortune est si loin d'eux !
Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux le ciel ; Leur avenir n'a point d'alarmes, Leur coupe n'aura point de fiel.
Jamais cette foule frivole Qui passe en riant devant moi N'aura besoin qu'une parole Lui dise: " Je pleure avec toi ! "
Eh bien ! ne cherchons plus sans cesse La vaine pitié des humains ; Nourrissons-nous de ma tristesse, Et cachons mon front dans mes mains.
À l'heure où l'âme solitaire S'enveloppe d'un crêpe noir, Et n'attend plus rien de la terre, Veuve de son dernier espoir ;
Lorsque l'amitié qui l'oublie Se détourne de son chemin, Que son dernier bâton, qui plie,
Quand l'homme faible, et qui redoute La contagion du malheur, Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur ;
Quand l'avenir n'a plus de charmes Qui fassent désirer demain, Et que l'amertume des larmes Est le seul goût de notre pain ;
C'est alors que ta voix s'élève Dans le silence de mon coeur, Et que ta main, mon Dieu ! soulève Le poids glacé de ma douleur.
On sent que ta tendre parole À d'autres ne peut se mêler, Seigneur ! et qu'elle ne console Que ceux qu'on n'a pu consoler.
Ton bras céleste nous attireComme un ami contre son coeur, Le monde, qui nous voit sourire, Se dit : " D'où leur vient ce bonheur ? "
Et l'âme se fond en prière Et s'entretient avec les cieux, Et les larmes de la paupière Sèchent d'elles-même à nos yeux,
Comme un rayon d'hiver essuie, Sur la branche ou sur le rocher, La dernière goutte de pluie Qu'aucune ombre n'a pu sécher.