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Musique d'aujourd'hui (L'Express 1990)

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IDÉES    
LA MUSIQUE D'AUJOURD'HUI 
 PAR PHILIPPE DE LARA
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Les compositeurs contemporains sont-ils les continuateurs d'unetradition musicale ? Ou, en rompant volontairement avec l 'esthétique du beau, traduisent- ils une mutation fondamentale dans l'histoire de l'art? laisser le temps au temps.
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Le dernier récital parisien de Sviatoslav Richter, il y a un an, était entièrement consacré à la musique de piano du xx' siècle (Prokofiev, Bartok, Szymanowski, Webern, Hindemith, Chostakovitch). Le jeu du pianiste soviétique vous projette de plain-pied dans les œuvres qui paraissent les plus hermétiques, comme les Variations op. 27 de Webern, limpides et nécessaires sous ses doigts tel un impromptu de Schubert


De fait, la qualité de l'interprétation est une chose fondamentale quand nous voulons avoir accès à une musique nouvelle, jamais entendue auparavant. Fondamentale, mais difficile à atteindre. Schönberg disait : « Ma musique n'est pas moderne, elle est seulement mal jouée. » En réalité, la musique contemporaine n'est pas différente de celle du passé : il y a des introductions et des finals, des mélodies et des refrains, des miniatures et des grandes formes, des moments expressifs comme des paroles, d'autres de musique « pure », etc. Simplement, il faut un peu d'habitude pour les réperer. La musique est mémoire d'elle-même. C'est ce qui en fait un plaisir de la reconnaissance : reconnaissance d'un style d' une mélodie, d'une sonorité, de l'unité secrète d'un long dévelopement. Chaque œuvre s'enrichit dans notre oreille du souvenir d'autres œuvres. Ignorer Schönberg, Carter, Schnittke ou Bartok, c'est se priver d'une partie de Beethoven ou de Couperin. Les grands musiciens dits « modernes » sont les continuateurs d'une tradition bien plus que ceux qui ne font que pasticher le passé. Si la musique ne restait pas cet art vivant, si Berio ne continuait pas Chopin, la musique ne serait plus qu'un bruit de fond et Mozart ne serait plus, pour nous, qu' un Richard Clayderman sans synthétiseur (c'est d'ailleurs le cas lorsque la musique classique sert de fond sonore dans les supermarchés ou les restaurants). La musique d'aujourd'hui renouvelle notre écoute des œuvres du passé : le sens des ruptures de Beethoven, les répétitions obsédantes de Schubert, nous les entendons autrement grâce à la musique nouvelle. Nombre des meilleurs interprètes du répertoire classique sont ceux qui ont le meilleur contact avec la musique de leur temps, quand ils ne sont pas eux- mêmes compositeurs (Boulez, Pollini, Maderna, Scherchen). Le grand Furtwängler lui-même, considéré comme un chef romantique, créa des œuvres de Bartok, de Schönberg, de Prokofiev, de NielsenEt le creuset de l'avant- garde française fut, dans les années 50, le cours d'analyse d' Olivier Messiaen, consacré à l'étude des partitions de toutes les époques. On peut en lire la trace dans un merveilleux petit ouvrage de Messiaen, très accessible, qui présente « Les 22 Concertos pour piano de Mozart » 

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L'Express 1990. Press Union


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