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Sul manoscritto della Sonata di Scriabin op.53 (Canada, 1960)

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Claude Gingras


S v i a t o s l a v  R i c h t e r
(À Montréal : vendredi 9 et samedi 10 décembre 1960, au Théâtre St-Denis)

  
N O T E S
60 ans de vie musicale. Confidences et anecdotes
Les débuts en Amérique de Sviatoslav Richter furent lents à se produire. Non  pas tant parce que le pianiste avait peur de l’avion, chose très connue, mais parce que, chose moins connue, sauf des autorités soviétiques, celles-ci craignaient le scandale. Richter était officiellement marié à la soprano Nina Dorliak, mais chacun, semblet-il, menait sa propre existence. Mais on s’en fiche pas mal et on n’ouvrira pas une enquête là-dessus. 
Je me rappelle quand même un incident que m’avait rapporté son imprésario Koudriavtzeff.
Lors de sa première visite ici, en décembre 1960, dans le cadre de sa première tournée sur ce continent, le pianiste avait, en pleine nuit, échappé à la surveillance des agents qui l’accompagnaient et avait été arrêté pour vagabondage sur le campus de McGill, situé non loin du Ritz, où il était descendu (avec ses gardes !). Il ne parlait ni français ni anglais, et la police prit un certain temps à savoir qui il était. Elle dut, pour ce faire, joindre l’imprésario en plein sommeil. À quelque chose comme 6 heures du matin, si je me souviens bien. Ce n’est cependant pas là l’aspect le plus intéressant de cette première visite de Richter, pour deux récitals, les vendredi et samedi 9 et 10 décembre, au théâtre St-Denis. Nous sommes toujours en 1960. Son programme de tournée comprenait la cinquième Sonate de Scriabine.  
Audio (Sviatoslav Richter)

Anecdote⤵sur le manuscrit de la Sonate de Scriabine

Il la jouait à New York, mais non à Montréal. Or, on savait que le manuscrit de la cinquième Sonate et celui du Poème de l’extase, l’œuvre la plus connue de Scriabine, se trouvaient ici même, légués par le compositeur au pianiste et pédagogue Alfred La Liberté avec lequel il s’était lié d’amitié (on orthographiait aussi « Laliberté »). Une amie, Thérèse Grondin, née Jarry, connaissait très bien la veuve de La Liberté, MadeleineÀ ma suggestion, et avec l’assistance  de Koudriavtzeff, les  deux  femmes allèrent,  après  le premier récital,  montrer le précieux document à Richter. Thérèse me raconta la scène. (Je n’étais pas là, mais au journal en train d’écrire ma critique.) Richter, qui avait du sang allemand, prononçait le nom de Scriabine à l’allemande : Chkriabine. Il posa les deux mains sur le manuscrit et murmura quelque chose en russe. Traduction de Koudriavtzeff : « Ne vous départissez jamais de cela. » L’inévitable arriva. En 1972, l’année marquant le centenaire de la naissance de Scriabine, les autorités soviétiques invitèrent la veuve de La Liberté à Moscou… avec les manuscrits. On lui offrit une médaille et on déposa les deux pièces au Musée Scriabine, là où il était normal qu’elles soient, de toute façon. À cet égard, je me rappelle encore les craintes de Madeleine.« N’écrivez pas que j’ai cela chez moi. J’ai peur des voleurs ! » 


© Les Éditions La Presse. 2014, Montréal (Québec) PDF  


↪Sur l'édition Henle Verlag et Alfred, Madeleine Laliberté PDF (English, Deutsche, Français)


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